Let's Talk, le podcast de la FEB, avec Jean Eylenbosch, Vice-président European Government Relations Coca-Cola

Dans Let’s Talk, la FEB vous fixe rendez-vous avec une figure clé du monde entrepreneurial en Belgique. Qui se cache derrière la femme ou l’homme chef d’entreprise ? Quel est le moteur qui la ou le pousse à faire tourner son activité 24h sur 24, 7j sur 7 ? La passion des chiffres, les gènes, l’ambition …? Let’s Talk vous propose de découvrir une personnalité du monde du business, devant et derrière les coulisses. À écouter chaque dernier jeudi du mois. 40 minutes de podcast en one-to-one. Place aujourd’hui à Jean Eylenbosch. Vice-président European Government Relations chez Coca-Cola, il est un fin observateur du secteur des boissons et de l’alimentation, mais plus largement encore des habitudes de consommation.

« Quoi de mieux qu’une boussole pour s’orienter avec bon sens ? »

Après des études de droit, Jean Eylenbosch devient avocat, inscrit au Barreau de Bruxelles. En 2000, à la quarantaine, c’est le grand virage. Fini l’univers juridique pur jus. Cap sur l’alimentation. « Dans la vie, il faut pouvoir se fixer d’autres horizons », dit-il avec conviction. 


La transition s’est faite assez naturellement, car Jean est issu d’une famille de brasseurs. Commence alors une longue carrière chez Coca-Cola Belgique, où il occupe successivement plusieurs fonctions au niveau national et international. Depuis 2011, il est vice-président European Government Relations chez Coca-Cola. Il a été président de Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire belge, de 2015 à 2018. Sa connaissance et son expérience du secteur alimentaire ont de quoi faire des jaloux. On dit de lui qu’il est très difficile de lui faire perdre son calme, même sur les sujets qui fâchent. Parmi ces derniers, il en est certains qui ont la vie longue.

« Le consommateur vote avec ses pieds et va faire ses achats ailleurs »

L’alimentation et les boissons sont toujours plus chères en Belgique par rapport aux pays voisins, du fait, entre autres, de l’accumulation de taxes et autres accises… Une situation que dénonce notre interlocuteur depuis des années. « Il faut savoir que la TVA et les accises représentent 40% des recettes du budget fédéral. Ce sont des prélèvements d’apparence anodine, qui peuvent facilement être augmentés. Mais aujourd’hui, même le politique qui les a édictés en a perdu le fil ! D’où la persistance des achats frontaliers. » À force de surtaxer, on risque de tuer une poule aux œufs d’or. Car l’industrie alimentaire, qui reste le plus grand secteur industriel de Belgique (22% du chiffre d’affaires total), pâtit de cette rage taxatoire. Pour notre interlocuteur, prendre le taureau par les cornes revient à s’interroger sur le rapport coût/bénéfice de notre appareil d’État et à entreprendre un examen critique – digne de ce nom – de ses dépenses. « Cet exercice de fond serait d’autant bienvenu qu’au problème de la fuite des achats s’ajoute aujourd’hui le phénomène du commerce en ligne, que la pandémie a considérablement boosté. »

 

Responsabilité partagée

« Je tiens aussi à ajouter que le prix d’un produit ne peut être le seul facteur de décision. Le consommateur doit faire son examen de conscience s’il souhaite que tout le monde dans la chaîne de création de valeur y gagne et il doit acheter en conséquence. » « Responsabilité partagée » ou encore « balayer devant sa porte » sont des expressions qui reviennent à plus d’une reprise dans notre échange avec Jean Eylenbosch. Exploite-t-on suffisamment notre potentiel à l’exportation ? Non, mais ce n’est pas faute de mesures adéquates. L’entrepreneur doit aussi sortir de sa réserve et avoir plus d’ambition. Le secteur alimentaire a-t-il assez réduit la teneur en sucres et en graisses saturées des produits ? On peut toujours aller plus loin. « J’ai été, avec des experts du secteur alimentaire, un des initiateurs de la reformulation de produits pour les apports en sel, en sucre, en matières grasses, etc. Mais le consommateur doit également y mettre du sien, se prendre en mains : l’alimentation, quelle qu’elle soit, est là pour satisfaire un besoin, une envie et se combine avec un mode de vie actif. Et ça, on ne l’observe pas toujours sur le terrain. » Rien, aucun combat ne se gagne de façon unilatérale : tout un chacun doit y mettre du sien, toutes les parties doivent contribuer.

Jean Eylenbosch s’interroge sur le consommateur de demain, qui veut à la fois privilégier le circuit court et profiter des avantages de la mondialisation. Maintenir un équilibre entre un partage équitable des ressources et la satisfaction des multiples besoins et aspirations de tout un chacun sera un énorme défi.

 

Fost Plus 2.0

Depuis 2000, Jean Eylenbosch représente Coca-Cola au conseil d’administration de Fost Plus, dont Coca‑Cola a été l’un des fondateurs en 1994. Pour rappel, Fost Plus est l’ASBL chargée de la collecte sélective, du tri et du recyclage des déchets d’emballages ménagers en Belgique. « Les habitudes de consommation ont fort évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus ‘nomades’ ; on mange et on boit à des moments très variés et variables. Du coup, la discipline observée au lancement de l’initiative il y a près de 30 ans s’étiole. Pourquoi Fost Plus 2.0 ? Pour prendre en compte ce ‘déplacement’ du curseur du ‘domicile/ménage’ vers une ‘multitude d’endroits’. On y travaille activement depuis un moment. » Parallèlement, le monde industriel innove en matière d’emballages, dont il ne faut jamais oublier le rôle au niveau du transport, de la protection et de la conservation des produits, de l’information et, enfin, au niveau du marketing. Il revient, selon notre CEO, à l’industrie d’utiliser davantage la voie de l’information et du marketing pour « éduquer » le consommateur, l’inviter à se comporter de manière plus civique en collectivité.

Hyperspécialisation

Titulaire d’un mandat dans de nombreux organismes, très divers, depuis la Banque nationale de Belgique jusqu’à Special Olympics Belgium en passant par la FSMA, le gendarme belge des marchés financiers, Jean Eylenbosch est incontestablement un homme de réseau. Hyperactif, Jean ? Non, plutôt hyper timide, répond notre interlocuteur. « Je me suis soigné au contact des autres, d’autant plus que l’être humain m’a toujours passionné. C’est d’ailleurs ce qui a fait pour moi tout l’intérêt de mon métier d’avocat. Ces mandats sont le résultat collatéral de ma volonté constante de m’ouvrir aux autres, d’apprendre d’eux. »

Quant au juriste qui veille toujours en lui, Jean Eylenbosch se dit perplexe face à la multiplication des codes et textes de loi. « On en est aujourd’hui à 30 volumes pour le droit essentiel, contre 5 ‘codes’ au total lorsque j’étais étudiant. Il y a là une inflation réglementaire déraisonnable, qui engendre complexité, opacité et, au final, de la méfiance ou, pire, du désintérêt. Cette illisibilité des règles ne peut déboucher que sur une perte d’adhésion du citoyen. » Il faut que le droit soit davantage connecté à la réalité, pour faciliter une vie harmonieuse en société, avec quelques grands principes de base sur lesquels tout le monde puisse s’accorder. « ’Connecté’ peut d’ailleurs aussi être compris par référence à la révolution digitale, puisque l’on a beaucoup à attendre de l’impact notamment de l’intelligence artificielle sur l’écosystème du droit européen ou belge, bien sûr dans un cadre légal, politique et éthique strict. » 

Écoutez l'intégralité du podcast… via Spotify ou Apple Podcasts

 

 

Bloquez dès à présent la date dans votre agenda pour le prochain podcast Let’s Talk de la Fédération des entreprises de Belgique. CEO d’Euroclear qui est un pilier structurel du monde financier, notre invitée Lieve Mostrey mesure soigneusement ses propos. Cela ne signifie pas que la femme qui pèse 900.000 milliards ne souhaite pas partager son opinion, au contraire ! À écouter le jeudi 26 août 2021.

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