Le renforcement du marché intérieur, une mesure de relance par excellence !

La crise sanitaire a rappelé la fragilité de la construction européenne, et surtout de son marché intérieur. Celui-ci est pourtant capital pour notre économie, même si son plein potentiel reste inexploité. Il importe donc d’œuvrer non seulement à sa restauration et protection en temps de crise, mais aussi à son renforcement !

 


Pieter Timmermans, CHIEF EXECUTIVE OFFICER
21 April 2021

La crise du COVID-19 que nous vivons depuis maintenant plus d’un an a eu un impact significatif sur de multiples aspects de notre vie. La santé, bien évidemment, mais aussi l’économie en général, en ce compris le commerce et l’activité de nos entreprises. Mais cette crise, et les multiples mesures nationales non concertées s’y rapportant, a également démontré la fragilité d’un élément clé de la construction européenne : le marché intérieur. 

Un instrument capital… 

Le marché intérieur est vital pour le fonctionnement de l’Union européenne. En effet, cet espace garantit en son sein la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux. Ceci a permis une réduction considérable  des coûts liés aux échanges intra-européens. Il s’agit donc réellement du moteur économique de notre continent. 

Néanmoins, une grande partie de son potentiel reste inexploité. La Commission européenne estime qu’une meilleure intégration et un fonctionnement plus efficace du marché unique pourraient générer une croissance supplémentaire de 183 à 269 milliards EUR chaque année dans le domaine des biens manufacturés et de 338 milliards EUR dans le secteur des services ; Soit une augmentation cumulée du PIB de l’Union de 12%  ! Un constat éloquent en période de crise économique. 

Pour une économie ouverte et intégrée comme la Belgique, dont le commerce extérieur représente plus de 80% du PIB, son importance est encore plus capitale. Une enquête FEB menée auprès de 250 CEO actifs en Belgique avant les dernières élections européennes l’avait déjà révélé : le marché intérieur était vu comme la 2e force de l’UE, après l’euro.  

…mais imparfait 

Malgré les retombées positives découlant de la libre circulation au sein du marché intérieur, nos entreprises y sont encore confrontées à de multiples obstacles. Ainsi, dans le sondage susmentionné, la fragmentation du marché intérieur constituait, selon les CEO interrogés, la 2e faiblesse de l’UE. 

Les obstacles découlent de diverses causes. On notera ainsi notamment le manque d’harmonisation dans des domaines où elle apporterait une réelle valeur ajoutée (ex : procédures en matière de TVA). Citons également les problèmes en matière d’accès, au marché européen, de produits en provenance de pays tiers et ne respectant pas les normes UE. Ou les nombreuses barrières réglementaires et administratives qui persistent au niveau national. 

Un autre problème majeur réside dans la transposition des législations européennes en droit national. En effet, les États membres doivent aussi balayer devant leur propre porte et s’abstenir de tout gold-plating. Ce phénomène consiste à aller plus loin, en droit national, que ne l’impose la législation européenne à transposer. Cette pratique nuit gravement à la sécurité juridique et à la compétitivité de nos entreprises, qui se retrouvent confrontées à des obligations plus strictes que dans nos pays voisins. Or la Belgique recourt encore trop fréquemment à cette pratique. 

Ces quelques exemples d’obstacles et de mesures permettant de les prévenir sont tirés de la récente publication de la FEB « Vers un marché intérieur sans entraves », basée sur l’expérience du terrain. Nous invitons à en prendre connaissance sur notre site internet via ce lien ici. 

La crise du COVID-19 a démontré la fragilité du projet européen dès que les États membres adoptent des mesures non concertées. Il est donc crucial d’éviter toute forme de protectionnisme en Europe. Dès lors, garantir le bon fonctionnement du marché intérieur et poursuivre son approfondissement doivent (re)devenir le leitmotiv politique des années à venir. C’est une ambition sans perdants et une des mesures de relance par excellence. 

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