Un an plus tard - Enquête sur l’impact de la crise sanitaire sur le capital humain des organisations

Durant un an, l’Antwerp Management School, HRPro.be et la FEB ont étudié les conséquences de la pandémie pour les employeurs et les travailleurs.

 


Joris Vandersteene, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
22 juin 2021

Les mesures Corona ont été assouplies et cela se ressent également sur le lieu de travail. Des secteurs reprennent leurs activités et les travailleurs sont autorisés à retourner progressivement sur leur lieu de travail. Un certain nombre de questions se posent dans ce contexte. Que voulons-nous changer et que voulons-nous conserver ? Quel bagage emportons-nous avec nous sur le lieu de travail de demain ? Et plus important encore : quels enseignements les travailleurs et les employeurs ont-ils tirés pour l’avenir du travail ?

28% des travailleurs se sentaient déconnectés de leur organisation

Pour de nombreuses entreprises, la pandémie s’est transformée en une crise d’appartenance. En effet, le sens du travail ne réside pas uniquement dans le salaire ou le contenu de la fonction, mais également dans les relations avec les autres. En avril 2021, après un an de crise du coronavirus, 28% des travailleurs interrogés indiquent qu’ils ne se sentent pas connectés à leur organisation et 23% qu’ils n’ont plus de lien avec leurs collègues.

Les employeurs ont également ce sentiment. À mesure que la pandémie progresse, ils ont de plus en plus de mal à répondre au besoin de connexion de leurs collaborateurs (voir figure).

C’est pourquoi nous nous réjouissons que des moments de retour sur le lieu de travail soient désormais possibles et que le télétravail soit recommandé à partir de juillet, afin que la présence au bureau puisse progressivement réaugmenter, dans le respect des règles sanitaires.

« Ce à quoi ressemblera le télétravail après la crise du coronavirus est un exercice que chaque organisation est en train d’effectuer, en fonction de l’entreprise, de l’équipe et de l’individu, car chaque situation est différente. L’étude nous apprend qu’un cadre flexible au sein duquel le travailleur peut encore effectuer un certain nombre de choix exerce un impact plus important sur le bien-être mental qu’un cadre strict et très rigide. Mais en contrepartie, l’employeur est en droit d’attendre le même type de flexibilité », Monica De Jonghe, directeur général de la FEB.

Figure : Pourcentage d’employeurs indiquant avoir des difficultés à stimuler le sentiment d’appartenance chez leurs collaborateurs

Confiance en hausse

Malgré cette crise de connexion, la confiance des employeurs envers leurs collaborateurs est en hausse. Plus de la moitié d’entre eux disent avoir plus confiance dans leurs collaborateurs qu’avant la crise. Nous constatons que 1 employeur sur 3 contrôle moins les heures de travail (seul 1 employeur sur 20 contrôle davantage les heures actuellement). En outre, plus de la moitié des employeurs sont désormais plus positifs à l’égard des horaires flexibles, et seulement 5% sont plus négatifs.

2 collaborateurs sur 3 ont acquis de nouvelles compétences grâce à la pandémie

Un point positif en cette période de pandémie : nous avons tous beaucoup appris. Près de 2 travailleurs sur 3 interrogés dans le cadre de notre étude indiquent avoir acquis de nouvelles compétences grâce à la pandémie. Mieux encore : presque tous les employeurs (89%) ont vu leurs collaborateurs progresser pendant la crise. Ces nouvelles compétences n’ont pas tant été acquises par la formation, mais plutôt en raison de l’application d’autres méthodes de travail ou d’un changement dans l’ensemble des tâches à réaliser. Les compétences numériques figurent – sans surprise – en tête (3 employeurs sur 4), mais les compétences plus spécifiques à une fonction ont également connu une forte croissance (1 employeur sur 3). En conséquence, 1 employeur sur 3 perçoit le potentiel d’une plus grande employabilité des collaborateurs dans d’autres projets ou missions à l’avenir (contre 17% qui considèrent que la pandémie a un impact négatif sur l’employabilité).



Le professeur Ans De Vos préconise d’accorder une attention explicite à cette croissance : « C’est le moment idéal pour réfléchir à ce que les collaborateurs ont appris. L’affirmation selon laquelle tout ce qui reçoit de l’attention grandit s’applique également en l’espèce. Ne revenez pas trop vite à la normale, mais profitez de cette occasion pour stimuler la culture de l’apprentissage dans votre organisation. En effet, une telle culture d’apprentissage, vous ne l’obtenez pas tant grâce à des formations classiques, mais surtout en renforçant les nombreux apprentissages implicites sur le lieu de travail au quotidien. »

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