Des recettes pour un marché du travail de demain qui contribuent à atteindre l’objectif d’emploi

Le gouvernement fédéral vise un taux d’emploi de 80%. Une conférence interfédérale annuelle sur l’emploi, dont la première édition a lieu cette semaine, doit y contribuer. L’accent thématique très restreint sur la « fin de carrière » risque de limiter le débat à des bricolages dans la marge. Si nous prenons au sérieux cette ambition de 80 %, nous devons oser élargir le débat aussi bien à l’ensemble de la carrière qu’aux nombreux défis rencontrés aujourd’hui sur le marché du travail.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ Monica De Jonghe, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
08 septembre 2021

L’accord de gouvernement offre d’ailleurs déjà un certain nombre de points de départ à cet égard : l’élaboration d’un droit de licenciement activant, la réforme des congés, l’assouplissement des régimes de travail en matière de durée et de temps de travail, la flexibilité du temps et du lieu de travail, les mesures en faveur du commerce électronique concernant le travail du soir et de nuit, l’épargne-carrière, etc. Or, cette conférence n’aborde guère ces thèmes. Le discours dominant met largement l’accent sur les conditions de travail et la formation de ceux qui ont déjà un emploi et passe dès lors complètement à côté de l’essentiel : si nous voulons un jour nous rapprocher d’un taux d’emploi de 80 %, il ne suffit pas de se concentrer uniquement sur les conditions de travail de ceux qui sont déjà sur le marché du travail.

Si nous suivons cette approche, nous risquons de ne faire que renforcer l’histoire des insiders/outsiders (ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas) : si l’on continue à consolider la forteresse des insiders par des mesures de protection supplémentaires, l’accès des outsiders devient de plus en plus difficile. En voulant une fois de plus toucher au travail intérimaire, qui constitue pourtant un important tremplin vers le travail, les outsiders sont privés de plus en plus d’accès à la forteresse. En outre, en limitant les initiatives de formation aux travailleurs, on prive les inactifs de la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires sur le marché du travail.

Ingrédients pour une carrière durable

Nous voudrions donc reformuler la recette pour un marché du travail plus accessible et un taux d’emploi ambitieux :

S’attaquer sans délai à l’énorme décalage entre les postes vacants et les chômeurs/inactifs. Les services de l’emploi ont ici un rôle crucial à jouer. N’ayons pas peur des contrats temporaires et intérimaires ; ils constituent un bon tremplin vers l’emploi et un outil important pour répondre au besoin important et urgent de main-d’œuvre dans une économie en redressement.

Investir dans le renforcement des compétences, une forte culture de l’apprentissage et l’apprentissage tout au long de la vie pour tous les citoyens. Chacun est coresponsable de la durabilité de son employabilité.

Investir dans la flexibilité dans ce monde du « travail en constante évolution » : plus de flexibilité grâce à une concertation sociale efficace et à un cadre législatif moderne permettant des projets pilotes sur l’organisation du travail au niveau de l’entreprise et offrant un cadre pour la flexibilité du temps et du lieu de travail, moins de rigidité dans les coûts salariaux et de licenciement et un droit du travail moderne pour un marché du travail flexible et de transition — également nécessaire pour ne pas rater le coche du commerce électronique, pourtant vecteur d’emploi.

Rendre le travail rémunérateur et augmenter la différence entre travailler et ne pas travailler. Réduire les charges sur le travail et l’écart entre le brut et le net. Éviter que les allocations (de chômage) ne constituent un obstacle au travail et explorer la possibilité de combiner des allocations partielles avec des revenus du travail.

Activer le droit de licenciement et donner aux travailleurs licenciés le pouvoir de renforcer leur employabilité, par exemple par le biais de la formation et de l’accompagnement de carrière.

Réformer les systèmes de congés, les rendre plus transparents et plus efficaces et éviter que les gens — surtout les femmes — ne reculent dans leur carrière en raison de leurs responsabilités familiales. L’introduction d’une pension à mi-temps combinée à un bonus de pension permettra également aux gens de rester actifs plus longtemps.  

Renforcer la mobilité professionnelle. Cela profite d’ailleurs à tout le monde : les travailleurs acquièrent de nouvelles compétences et renforcent leur position sur le marché du travail, et les entreprises engrangent de nouvelles compétences ou disposent d’une solution durable pour les travailleurs en surnombre.

Ne pas laisser de côté les malades de longue durée. Avec plus de 400.000 malades de longue durée, notre pays est confronté à un défi gigantesque en matière d’incapacité de travail. Un soutien approprié pour le travailleur et l’employeur, l’implication en temps utile des services de l’emploi et le recours à la reprise progressive du travail sont autant de clés pour réorienter vers le travail ceux qui peuvent l’être.

Nous devons oser élargir le débat à l’ensemble de la carrière et à l’activation de l’ensemble du potentiel de travail. La sécurité sociale ne fait pas exception : si nous voulons qu’elle reste payable et garantie pour les générations futures, nous devons y contribuer aujourd’hui. À cet égard, l’augmentation du nombre de personnes actives est essentielle. Que cette première conférence sur l’emploi soit le point de départ d’un débat ambitieux et d’actions durables à court et à long terme.

> Lire la note d’input des organisations patronales FEB – Unizo – UCM – Unisoc – Boerenbond

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