Élargir le pont

Environ 50% des jeunes estiment que l’enseignement ne les prépare pas suffisamment au marché du travail. Cette opinion est partagée par les entreprises : 3 employeurs sur 4 sont du même avis. Un constat interpellant à l’occasion de notre enquête bisannuelle Bridging the Future. Le message est clair : le pont entre l’enseignement et le marché du travail doit être élargi.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ Monica De Jonghe, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
27 octobre 2021

Il est plus qu’évident que les jeunes s’attendent à ce que leur parcours de formation les prépare à leurs premiers pas sur le marché du travail. Nous visons les connaissances et compétences, mais aussi la compréhension du fonctionnement du marché du travail. Quelles sont précisément les implications de la révolution digitale ? La RSE et le développement durable sont en tête des priorités, mais quel impact auront-ils sur l’avenir du travail, des emplois et donc de ma carrière ? Les jeunes sont également en quête d’expériences en matière d’entrepreneuriat : l’envie de lancer son propre projet est bien présente chez plus d’un jeune sur deux.

Lorsque nous constatons que jeunes et employeurs reconnaissent la plus-value absolue des stages, de l’apprentissage en alternance et de l’apprentissage sur le terrain, il est évident qu’il faut miser davantage encore sur ces modes de formation. Pour l’apprentissage en alternance, nous observons déjà actuellement son extension vers l’enseignement supérieur, mais cet exercice pourrait être accéléré. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer son succès dans d’autres pays. Cette première expérience de travail est considérée par les jeunes comme un tremplin vers le premier emploi.

Ce processus peut bien entendu être renforcé par une interaction entre les experts des secteurs et des entreprises d’une part et les enseignants d’autre part. Et cette interaction peut être soutenue en mettant à disposition et en échangeant non seulement des expériences mais aussi des infrastructures.

Outre l’apprentissage sur le terrain, les stages et l’intensification de l’apprentissage en alternance, d’autres éléments jouent également un rôle et peuvent contribuer à un élargissement de ce pont.

L’un d’entre eux réside très certainement dans une adaptation plus rapide et plus flexible des programmes de formation, au même rythme que l’évolution du marché du travail. Et lorsque nous constatons que les jeunes sont surtout privés du volet digital, il est impératif de miser sur les compétences STIM dans un plus grand nombre d’orientations.

Indépendamment de l’acquisition de connaissances, les jeunes doivent avoir une vision plus claire des opportunités d’emploi liées à une filière d’enseignement donnée. Sur ce plan, les retours d’expérience des diplômés sont assurément un instrument utile, mais ces informations circulent-elles suffisamment, les jeunes sont-ils suffisamment au courant de leur existence ? Avec notre projet Young Talent in Action, nous y contribuons en permettant aux jeunes de découvrir les emplois du futur dans nos secteurs.

Nous devons bien sûr rester réalistes. L’enseignement n’est pas censé préparer parfaitement les jeunes à un emploi dans chaque formation. Il ne faut pas susciter cette illusion. Personne ne le souhaite d’ailleurs. Mais un ensemble de base de connaissances, de compétences et d’expériences, mettant suffisamment l’accent sur l’évolution du marché du travail, constitue le fondement d’un bon départ dans la vie professionnelle.

Ensuite, la capacité d’apprendre et de s’adapter, la préparation des jeunes au fait que l’obligation scolaire sera nécessairement suivie par une obligation d’apprentissage en continu revêtent une importance cruciale.

Ce bon départ ne signifie pas pour tous les jeunes une carrière en tant que salarié, et c’est heureux. Nous observons une énorme envie chez les jeunes de se lancer comme entrepreneurs et nous ne pouvons que nous en féliciter.

De nombreuses entreprises répondent déjà à ce besoin. Elles créent dans leur giron des incubateurs et lancent des initiatives de start-up offrant le temps et l’espace nécessaires aux travailleurs pour mettre des initiatives sur pied et se développer personnellement. Un cadre sécurisant leur permettant de tester ce que l’entrepreneuriat pourrait représenter pour eux.

Lorsqu’il s’agit ensuite de concrétiser leur projet, leur idée, leur ambition, les jeunes sont encore trop souvent freinés dans leur élan par des charges administratives énormes et une insécurité financière. Nous lançons dès lors un appel à faciliter la vie de ces jeunes qui débordent d’énergie et d’envie de lancer leur propre affaire. Moins de règles, moins de complexité mais plus de soutien et d’accompagnement, voilà ce dont ils ont besoin.

> Lire aussi Marché du travail et entrepreneuriat : jeunes et employeurs sur la même longueur d’onde, ou pas ?

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