109e Conférence internationale du travail – COVID-19 et protection sociale à l’agenda virtuel

La semaine dernière a pris fin la toute première Conférence internationale du travail virtuelle de l’histoire de l’OIT (Organisation internationale du travail). Il s’agissait d’un premier segment qui sera suivi du 25 novembre au 11 décembre par une deuxième partie consacrée à des discussions sur l’inégalité dans le monde du travail et sur les compétences et l’apprentissage tout au long de la vie. Près de 4.500 délégués des gouvernements (dont 171 ministres), des employeurs et des syndicats issus de 181 États membres y ont participé depuis l’ouverture le 20 mai jusqu’à la séance de clôture le 19 juin. À l’ordre du jour : l’impact du COVID-19 sur le monde du travail, la protection sociale et une série de cas de non-application ou de violation des normes internationales, le Myanmar étant le cas le plus frappant.


Kris De Meester, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE Annick Hellebuyck, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
23 juin 2021

Les sessions plénières étaient centrées sur le rapport du directeur général Guy Ryder « Le travail à l’heure du COVID ». Vous pouvez lire ici l’intervention de la FEB faite par le chef de la délégation Kris De Meester. Après d’intenses discussions, la conférence a adopté à l’unanimité un appel à l’action comportant des mesures qui contribueront à assurer le rétablissement après la pandémie et à prévenir tout impact négatif à long terme sur la société et l’économie. Cela implique que les pays organisent leur redressement économique et social de manière inclusive, durable et résiliente. 

La discussion sur la protection sociale a porté sur l’impact du COVID-19 et sur les changements rapides qui se produisent dans le monde du travail. La conférence a adopté des conclusions qui définissent un cadre pour des systèmes de protection sociale universels, adéquats, complets et durables, adaptés aux besoins actuels. 

La Commission d’application des normes contrôle le respect des normes sociales internationales par les 187 États membres de l’OIT. La FEB y participe activement chaque année. Lors de la discussion générale, la FEB (Annick Hellebuyck) a insisté pour que les gouvernements prennent sérieusement en compte les besoins des entreprises afin de favoriser une réelle relance économique post-COVID. L’étude d’ensemble 2020, actualisée en 2021, portait sur la « promotion de l’emploi et du travail décent dans un monde en mutation ». La FEB a insisté sur le rôle du dialogue social comme moteur d’adaptation aux défis du marché du travail et a notamment souligné que la protection sociale ne passe pas obligatoirement par le prisme absolu du contrat de travail à durée indéterminée. Enfin, la Commission d’application des normes, qui est mieux connue dans son rôle de « tribunal de la conférence », a instruit 19 cas sérieux d’infractions aux normes internationales : alternativement, les partenaires sociaux du monde entier examinent ces situations nationales et s’accordent finalement sur des recommandations. Le respect des 8 conventions fondamentales en droit et en pratique y occupe une place importante. Les organisations d’employeurs saisissent l’opportunité de cette discussion mondiale pour mettre les gouvernements devant leurs responsabilités afin que, partout dans le monde, l’état de droit et les normes sociales internationales soient respectés. 

La situation au Myanmar a suscité des débats politiques enflammés et donné lieu à une résolution d’urgence qui appelle à la restauration de la démocratie, à la fin des détentions arbitraires et des violations des droits de l’homme, et à la restauration des principes et droits fondamentaux au travail. Il appartient à présent au conseil d’administration de l’OIT de surveiller la situation au Myanmar et d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la résolution. 

La conférence a également abrogé 29 instruments, conventions et recommandations internationaux obsolètes. 

FEB – Lors de la séance de clôture, le directeur général de l’OIT, Guy Ryder a qualifié cette conférence de « remarquable ». Le travail effectué donne à l’OIT le poids nécessaire en ces temps extrêmement difficiles et démontre à quel point les gouvernements, les organisations de travailleurs et d’employeurs comptent sur le leadership et l’action de l’OIT. Les employeurs, s’exprimant par l’intermédiaire de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et de la FEB, ont souligné qu’aujourd’hui, plus que jamais, des améliorations radicales de l’environnement des entreprises sont nécessaires pour garantir un travail décent pour tous. De cette manière, nous pourrons assurer un regain de confiance, stimuler la productivité et libérer le potentiel d’investissement et d’innovation. Seules des entreprises résilientes, la stabilité macro-économique, un terreau fertile pour l’esprit d’entreprise et des organisations, institutions et marchés du travail agiles et résilients peuvent y parvenir. Telle est la vraie mission qui nous attend !

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