Une Belgique plus influente sur la scène européenne ?

La question était au cœur de l’événement que la FEB a organisé ce jeudi et au cours duquel elle a, à une grosse année du début de la présidence belge du Conseil, fait part de ses recommandations pour rendre notre pays plus influent dans le processus décisionnel européen.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
17 novembre 2022

Que les choses soient claires : la Belgique joue un rôle important en Europe. En tant que pays fondateur de ce qui allait devenir l’Union européenne. Et en tant que « faiseur de compromis Et ce n’est pas dû au hasard. Cela repose sur une longue tradition et un credo pro-européen, et sur une machinerie bien rodée.

Cependant, lorsque nous comparons l’influence de notre pays avec celle d’autres pays européens, nous constatons qu’il y a moyen de faire encore mieux. De plus, les élargissements successifs de l’UE puis le départ du Royaume-Uni ont bouleversé certains rapports de force.

De multiples facteurs, internes et externes, impactent donc notre influence et la manière de l’exercer. C’est la raison pour laquelle la FEB formule une série de 12 recommandations, qui ne portent pas sur le contenu de la politique européenne, mais plutôt sur les différentes étapes du processus décisionnel, tant au niveau belge qu’européen.

Mesurer c’est savoir

Nos premières recommandations concernent la phase d’élaboration des positions que la Belgique défend sur la scène européenne. Notre pays a tout à gagner à identifier plus clairement ses intérêts offensifs et défensifs et à mesurer systématiquement l’impact, sur notre économie, de toute nouvelle législation UE. De même, les entreprises devraient être davantage consultées afin de pouvoir faire part de leurs priorités ou préoccupations par rapport à une nouvelle initiative européenne.

À quand un réel « réseau belge » ?

Nos recommandations portent aussi sur la manière dont la Belgique défend ses positions au niveau européen. Certes, en tant que petit État membre, nos moyens et notre influence ne sont pas illimités. Mais nous voyons des marges de progression possibles. Il faut notamment éviter les situations où, par manque de consensus intra-belge, notre pays doit s’abstenir lors des débats européens, ou se limiter à quelques généralités. Notre pays gagnerait également en influence si l’on créait un réel « réseau belge » au sein de la « bulle européenne ». Cela veut dire plus de contacts informels entre les Belges qui suivent de près les matières européennes, dans les administrations, dans les institutions de l’UE et dans le monde des entreprises. Nos partenaires européens ne se privent pas de faire jouer leurs propres relais nationaux ! Nous plaidons également pour des efforts accrus de concertation avec des pays « like-minded », ceux qui défendent des priorités similaires aux nôtres.

Sus au zèle !

Et enfin, nos recommandations portent sur ce qui doit se passer en Belgique après qu’une décision ait été prise au plan européen. La qualité de la mise en œuvre de ces décisions impacte fortement nos entreprises. Or, si elles ne sont pas correctement appliquées, nos entreprises sont privées des retombées positives de l’harmonisation européenne ou confrontées à des désavantages compétitifs. Pour éviter cela, il importe notamment d’améliorer la manière dont les directives européennes sont transposées en droit belge. Et cela veut dire deux choses : les transposer dans les délais fixés et sans faire de « gold-plating » c.-à-d. sans aller plus loin que ce que le texte européen prévoit. Il faut également que les directives soient transposées de manière plus homogène dans l’ensemble de notre pays. Pour rappel, 40% des travailleurs du secteur privé travaillent dans des entreprises actives dans au moins 2 Régions.

« Vu l’impact des législations UE sur nos entreprises, il est crucial que la Belgique défende encore plus efficacement ses intérêts au niveau européen »

Voici brièvement résumées quelques-unes des propositions que la FEB met en avant dans son Manifeste pour une Belgique plus influente en Europe. Leur mise en œuvre nécessitera des efforts de tous, et la FEB est bien résolue à y contribuer. Comme en témoigne l’organisation de cet événement destiné à envisager des pistes d’amélioration et à « mobiliser les troupes » en vue de la présidence belge du Conseil au 1er semestre de 2024.

> Cliquer ici pour le speech d'ouverture de Pieter Timmermans

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