Seule une politique climatique européenne cohérente, réaliste et payable pourra être une réussite

La Commission européenne a décidé de porter l’objectif de réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2030 de 40% à 55%. Le durcissement de l’objectif de réduction pour 2030 est, selon la Commission européenne, indispensable en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et de devenir le premier continent neutre sur le plan climatique. Selon la Commission : « une réduction des émissions de 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990 est à la fois économiquement faisable et bénéfique pour l’Europe, avec la mise en place de politiques appropriées ». Le 14 juillet 2021, la Commission européenne a présenté son paquet « Fit for 55 ». Il s’agit d’un ensemble de propositions politiques qui doivent contribuer à la réalisation effective de l’ambition européenne de réduire les émissions d’au moins 55% d’ici à 2030.


Sebastiaan Marien, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
15 juillet 2021

La FEB se réjouit que la Commission ait enfin publié son paquet « Fit for 55 ». Cela permet de clarifier les propositions qui constitueront la base de la future politique climatique européenne. Après une première lecture rapide des textes publiés par la Commission européenne, la FEB formule déjà les observations suivantes : 

- En ce qui concerne le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) : grâce au CBAM, la Commission européenne entend imposer un prix du carbone à l’importation de certaines marchandises en provenance de pays qui ont une politique climatique moins ambitieuse que l’UE, afin de les inciter à mettre en place une politique plus efficace. La FEB espère que la Commission européenne pourra éviter que d’autres pays n’imposent des sanctions à l’UE à la suite de l’introduction de ce CBAM. Par ailleurs, la Commission européenne a-t-elle examiné le risque que le CBAM entraîne un glissement dans la chaîne de valeur avec pour effet l’importation croissante de produits finis au lieu de matières premières. La FEB souhaite également que soit clarifié l’impact possible du CBAM sur les secteurs exportateurs.

- En ce qui concerne le règlement sur la répartition de l’effort (ESR) : le relèvement de l’objectif européen de réduction des gaz à effet de serre donnera lieu à de nouveaux objectifs de réduction pour chaque État membre. La ventilation de cet objectif par État membre ne peut s’effectuer sur la base du PNB/habitant, mais doit se faire sur la base du potentiel technique et économique de chaque État membre.

- En ce qui concerne le système ETS : il est positif qu’il devienne également le moteur des réductions des émissions dans le secteur maritime et aérien. Il est également positif que les secteurs des bâtiments et des transports ne soient pas intégrés dans le système ETS, mais qu’un système distinct soit mis en place pour eux. Cependant, afin d’éviter la fuite de carbone et d’investissement, il est important qu’il subsiste suffisamment de droit d’émission gratuits dans le système ETS. La Commission européenne semble toutefois envisager une suppression rapide des droits d’émission gratuits, ce qui pour la FEB serait préjudiciable à l’industrie européenne. 

Depuis la présentation de son Green Deal, la Commission européenne indique que la diplomatie climatique sera l’une de ses priorités. C’est la raison pour laquelle la FEB demande que l’Europe continue à prendre l’initiative dans une diplomatie (pro)active au niveau des négociations internationales sur le climat. De cette manière, elle pourra engager les autres pays — et certainement les plus industrialisés — à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. 

FEB – Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont à présent la tâche de veiller à ce que le paquet de propositions législatives forme un ensemble cohérent et réaliste. Nous demandons aux autorités et aux europarlementaires belges d’y veiller lorsqu’ils discuteront les textes. En effet, la révolution verte ne peut être un succès que si elle ne met pas en péril l’industrie européenne. Le paquet doit permettre à l’industrie de se réorienter dans les années à venir pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. Les entreprises belges devront fournir des efforts supplémentaires pour atteindre les nouveaux objectifs climatiques. Nous espérons dès lors que le processus législatif – d’abord européen et ensuite belge – pour aboutir aux textes finaux ne s’éternisera pas, car les entreprises ont besoin d’un cadre réglementaire clair pour procéder à des investissements.

Nos partenaires

Domaines d'action

Un environnement entrepreneurial optimal est essentiel à une économie saine et à une croissance durable. La FEB entend contribuer à la création et au maintien d'un tel environnement, notamment en suivant attentivement tous les dossiers qui touchent de près la vie des entreprises. Voici, regroupés sous 18 thèmes, les dossiers sur lesquels elle concentre ses réflexions et initiatives.


Newsletters FEB

Inscrivez-vous et recevez chaque semaine, dans votre boîte mail, les derniers articles parus.