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Adaptation : un pilier mal aimé de la politique climatique ?

Dans le cadre des débats sur le climat, le focus se porte principalement sur la réduction des gaz à effet de serre (pan « atténuation ») découlant du Green Deal, du Fit for 55 etc. Cependant, l'impact du réchauffement climatique est déjà une réalité : sécheresses, inondations, température plus élevée , etc. Nos politiques climatiques ne peuvent se limiter aux aspects « atténuation », elles doivent aussi intégrer un pilier ambitieux lié à l'adaptation.


Jill Koch, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
04 septembre 2023

Le pan « adaptation » de la lutte contre le réchauffement se réfère aux politiques et mesures à mettre en place afin d’éviter, réduire ou gérer la vulnérabilité de nos systèmes écologiques, sociaux ou économiques aux changements climatiques. C’est un élément important de la résilience globale de notre pays. L’Europe l’a d’ailleurs bien compris en révisant (en 2021) sa stratégie sur le sujet et en imposant l’élaboration de plans nationaux d’adaptation.

Ceci n’est pas un plan belge

Le 3 mars 2023, le Conseil des ministres prenait « acte de la version finale des mesures d’adaptation fédérales 2023-2026[1] ».

Que faut-il en penser ? Tout d’abord que le Conseil des ministres n’a, en effet, que pris acte de ce plan, il ne l’a pas approuvé. Ce qui n’empêchera pas que ce plan sera envoyé officiellement à la Commission européenne, qui en assurera le suivi. C’est là un des grands paradoxes du fonctionnement du gouvernement : lorsqu’on ne souhaite pas approuver un document (à tort ou à raison), on en prend acte. Cela permet, en cas de problème, de ne pas se sentir trop lier aux engagements… qui n’en sont donc pas.

La méthodologie suivie en vue d’élaborer les mesures d’adaptation fédérales pose question. L’approche est claire « Chaque département fédéral a été invité à proposer un ou plusieurs projets de mesure(s) d’adaptation dans le cadre des compétences fédérales ». Bref, le plan fédéral est en réalité une juxtaposition de mesures. Cohésion, coordination, partage d’une vision et approche commune au sein de l’État fédéral et avec les Régions ne semblent donc pas à l’ordre du jour, ni faire partie d'une vision globale de la résilience. De nombreuses explications (excuses) pourraient être avancées mais, dans les faits, c’est une fois de plus, le chacun pour soi qui l’emporte.

Quant aux mesures mêmes, si certaines ont tout leur intérêt et leur place dans un plan d’adaptation, on ne peut que regretter le nombre trop important de mesures qui visent à accroître la connaissance sur les impacts par rapport aux mesures concrètes, l’intégration de mesures d’atténuation et l’opportunisme de l’un ou l’autre département pour « placer » une mesure qu’il souhaite voir réaliser sans qu’elle soit directement liée aux changements climatiques (ex. « le remplacement et la modernisation de la capacité actuelle d’escorte maritime d’ici 2030 » de la Défense). Un peu de sens critique svp !

Par ailleurs, la multiplication des organes liés au climat, l’absence de consultation des stakeholders lors de l’élaboration du plan d’adaptation ou encore l’impact inexistant d’avis consensuels pourtant remis par des organes officiels de concertation méritent une réflexion de fonds de la part du gouvernement. L’appel est lancé.

[1] « Vers une société résiliente au changement climatique à l’horizon 2050. Mesures fédérales d’adaptation 2023-2026. » Version rendue publique.

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