La Belgique rate le train à grande vitesse de l’e-commerce

Les achats réalisés dans le cadre de l’e-commerce ont énormément augmenté dans le monde entier, c’est indéniable. Une étude de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) analyse cette augmentation et montre également comment la Belgique rate ce train à grande vitesse de manière structurelle. Bien que les consommateurs belges utilisent largement les nouvelles possibilités offertes par l’e-commerce, la croissance du secteur de l’e-commerce en Belgique est nettement plus lente que dans nos pays voisins. Ce sont donc principalement les entreprises d’e-commerce à forte croissance de nos pays voisins qui servent les consommateurs belges. La FEB a calculé qu’en raison de son retard dans le secteur de l’e-commerce, la Belgique a manqué jusqu’à 0,3 point de pourcentage de croissance du PIB par an entre 2012 et 2019, ce qui correspond à environ 1 milliard EUR et quelque 6.000 emplois perdus par an.


Presse, COMMUNICATION & EVENTS
30 mai 2022

Depuis 2008, le volume des ventes à distance en Europe a progressé de 220%, alors que l’ensemble du commerce de détail n’a enregistré une croissance que de 15,6%. Le volume échangé vers la Belgique, qui constitue donc une indication de la demande réalisée par vente à distance, a augmenté de pas moins de 293% sur la même période. Cela atteste de la forte croissance du marché des ventes en ligne en Belgique.

Du côté de l’offre, c’est un tout autre constat qui est fait. En effet, le volume négocié par les entreprises belges de vente à distance n’a augmenté que de 95% entre 2009 et 2019, soit beaucoup moins que chez nos voisins allemand (+269%) et néerlandais (+253%). Non seulement la croissance de l’offre en Belgique est plus faible que dans nos pays voisins, mais la part de la vente à distance dans le commerce de détail total est également la plus faible en Belgique : moins de 3% contre 10% aux Pays-Bas et 12% en Allemagne.

Sur le plan macroéconomique, la Belgique passe donc à côté d’un potentiel de croissance important. En termes de valeur ajoutée dans le secteur de l’e-commerce, soit ce qu’il reste après déduction des coûts intermédiaires du chiffre d’affaires, on constate que la Belgique est également considérablement à la traîne. Alors que les Pays-Bas (+278%) et l’Allemagne (+172%) ont enregistré de très fortes croissances sur 10 ans, celle de la Belgique n’a été que de 59%.

La FEB a calculé qu’en raison de son retard dans le secteur de l’e-commerce, la Belgique a manqué jusqu’à 0,3 point de pourcentage de croissance du PIB par an entre 2012 et 2019, ce qui correspond à environ 1 milliard EUR et quelque 6.000 emplois par an.

Sur la base d’une dizaine d’entretiens menés avec des sociétés de différents secteurs, la FEB a également examiné les évolutions et défis des entreprises de production. Il en ressort que c’est pour les produits plus standardisables pour lesquels le prix et la rapidité de livraison sont des aspects cruciaux que le bât blesse pour de nombreuses entreprises belges.

Selon la FEB, les entreprises belges indiquent que si elles veulent organiser leurs activités de manière optimale et mettre en œuvre de manière adéquate leur stratégie d’e-commerce, elles doivent pouvoir disposer d’une plus grande flexibilité. Par rapport à nos pays voisins, nos entreprises subissent en effet un désavantage concurrentiel important au niveau du travail de nuit. Le travail de nuit, avec toutes les procédures et tous les suppléments de salaire qu’il implique, commence déjà à 20h00 chez nous, alors qu’il débute plus tard aux Pays-Bas (minuit) et en Allemagne (23h). Les rares entreprises commerciales qui ont néanmoins conclu des accords concernant le travail en soirée ont dû verser des suppléments très élevés.

Pour que les entreprises de production et sociétés commerciales belges ne perdent pas encore davantage de parts de marché au profit de concurrents étrangers, la FEB formule quelques propositions concrètes à destination de nos décideurs :

  • Adaptez la définition du travail de nuit dans la législation. Il doit s’agir de la période de 00h00 à 05h00 au lieu de celle actuellement appliquée (de 20h00 à 06h00).
  • Par ailleurs, de nouveaux efforts doivent être fournis pour réduire le handicap important que nous subissons par rapport à l’étranger en raison de nos coûts salariaux, et ce, tant pour l’e-commerce que pour l’ensemble de l’économie.

« Ces dix dernières années, la Belgique a accumulé un retard important en matière d’e-commerce, se voyant ainsi privée d’un chiffre d’affaires très important et de très nombreux emplois. Si nous voulons booster l’économie belge et récompenser nos entreprises pour leurs efforts en matière d’innovation et de digitalisation, nous devons dès à présent procéder à des changements et assouplir les règles de travail obsolètes dans l’intérêt tout à la fois des entreprises, des travailleurs et des consommateurs », déclare Pieter Timmermans, CEO de la FEB.

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