PME et grandes entreprises : une fructueuse symbiose

À lire les déclarations des décideurs politiques, des chercheurs et des faiseurs d’opinions de ces dernières années, on penserait que l’on doit diviser les entreprises en deux groupes distincts : les ‘bonnes’ petites entreprises et les ‘mauvaises’ grandes entreprises (GO). Les PME sont associées à un esprit d’entreprise créatif et proche de la communauté locale et du client, tandis que les GO sont considérées comme hostiles au client, distantes, abusant de leur position dominante et autres qualificatifs peu élogieux.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
18 mai 2021

Il n’en est rien évidemment. Notre grande enquête sur la relation entre PME et grandes entreprises montre qu’il n’existe pas d’opposition entre grandes et petites entreprises. Au contraire, les PME et les grandes entreprises sont très dépendantes les unes des autres. Pas moins de 40%, soit environ 110 milliards d’euros de la valeur générée entre les entreprises belges, se déroule entre PME et grandes entreprises.

Des différences, sources de création de valeur...

Bien entendu, il existe de nombreuses différences entre PME et grandes entreprises. Notre enquête nous a permis d’identifier six grandes différences : (a) types de contact et continuité de la relation ; (b) mode de prise de décision et implications, (c) gestion de la relation, (d) moyens, (e) apports en ressources et compétences ; (f) vision de la relation.

Si ces différences peuvent être à l’origine de complications, elles constituent surtout une véritable source de création de valeur- pour autant qu’elles puissent être complémentaires. La valeur ajoutée peut revêtir différentes formes. Notre étude en a souligné au moins trois : l’innovation, le développement d’une image de marque ou encore l’amélioration continue. C’est également cette compatibilité qui permet de répartir les risques encourus par les entreprises.

… mais aussi sources de difficultés !

Il ressort également de l’étude que les différences identifiées peuvent être à l’origine de certains effets externes négatifs : la trop grande dépendance d’une entreprise à l’égard de l’autre, le risque que le savoir-faire des PME soit repris sans rémunération correcte et l’apparition de conflits liés aux différences en termes de mode de fonctionnement, de prise de décision et de culture. Il est important d’accorder une attention particulière à limiter ces conséquences, qui freinent ces relations et en limitent dès lors les bénéfices.

Mais nos analyses démontrent qu’il existe une série de 'bonnes pratiques'. La meilleure façon de « composer » avec les inconvénients et risques potentiels serait de considérer ces bonnes pratiques et recommandations comme une « trousse à outils ressource », contribuant au bon développement d’une relation. Elles peuvent inspirer les dirigeants.

En résumé, les grandes et les petites entreprises ont besoin les unes des autres et se renforcent mutuellement. Il nous faut donc entretenir et stimuler cette symbiose et ne pas dresser des divisions artificielles entre elles.

> Lire aussi notre dernier numéro de REFLECT : "La force de la coopération entre petites et grandes entreprises"

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