Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Ce que nous vivons aujourd'hui est inédit pour beaucoup d'entre nous ! Nous avons d'abord été confrontés à la crise corona, suivie d'une crise des matières premières et de l'approvisionnement, et plus récemment, à une guerre en Ukraine qui entraîne toute l'Europe dans une crise énergétique sans précédent. Certains parlent même d'une ‘troisième guerre mondiale’, sans le recours aux armes dans nos contrées, mais avec des conséquences économiques similaires.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ Monica De Jonghe, Administrateur-directeur général et Executive Manager Centre de Compétence Emploi & Sécurité Sociale
21 septembre 2022

Inutile de dire que les perspectives économiques sont extrêmement sombres. Nous nous enfonçons dans une profonde récession, qui met un grand nombre d’entreprises belges en mode survie, voire rend leur continuité incertaine. Les citoyens ne sont pas non plus épargnés.

On pourrait s'attendre, dans un tel moment, à ce que les partenaires sociaux (les auteurs du pacte social en 1944) prennent leurs responsabilités et se réunissent autour de la table pour trouver des solutions afin d’aider les citoyens (actifs et inactifs) et les entreprises à traverser cette crise difficile. En effet, avec de la compréhension mutuelle, de la solidarité entre les entreprises, les citoyens et le gouvernement et une vision à long terme, les partenaires sociaux et le gouvernement peuvent réellement faire la différence aujourd'hui. Malheureusement, c’est sans compter avec les syndicats. Ceux-ci préfèrent une guerre de tranchées avec les employeurs, avec pour objectif final d'abolir, ou du moins de modifier en profondeur, la seule loi qui protège la compétitivité de notre économie vis-à-vis de nos principaux partenaires commerciaux (la loi sur les salaires).

Comprenne qui pourra : en raison des taux d'inflation énormes, de l'indexation automatique et de la spirale prix-salaires négative qui en découle, les entreprises sont confrontées à des augmentations de coûts sans précédent, exacerbées encore par les prix élevés de l'énergie et des matières premières. Remettre en cause la loi sur les salaires aujourd'hui, c'est faire preuve d'un manque total de sens des réalités et des responsabilités. Les entreprises belges (pour les travailleurs) ainsi que le gouvernement (pour les fonctionnaires et les allocataires sociaux) ont particulièrement bien réussi à préserver le pouvoir d'achat des familles et positionnent même la Belgique dans le peloton de tête européen. Mais, dans le même temps, ce système pousse nos entreprises dans le fond du classement européen en termes de coûts salariaux.

La protection du pouvoir d'achat a un prix

C'est évident : la protection du pouvoir d'achat coûte cher à un grand nombre d’entreprises belges. Ce n’est pas l'avis des syndicats. Ils descendent aujourd'hui dans la rue pour faire davantage pression sur les chefs d'entreprise afin qu'ils financent encore plus de pouvoir d'achat, sous prétexte que les travailleurs n'ont pas reçu de réelles augmentations de salaire - car une indexation n'est pas une augmentation de salaire selon eux ! En réclamant une norme salariale indicative, les syndicats veulent contraindre les entreprises à octroyer des augmentations salariales en plus de l’indexation. Il est tout à fait illusoire de croire que ces augmentations seront accordées de manière responsable sur le terrain, comme le passé l'a prouvé à souhait. Il en résulterait un handicap salarial cumulé insoutenable par rapport aux pays voisins. En 2024, notre pays risquerait alors de se retrouver dans la même situation critique qu'en 2014 et de devoir faire face à un handicap salarial de 16% et à la perte de dizaines de milliers d'emplois.

Quand s'arrêtera cette folie qui pousse les entrepreneurs, déjà aux abois, à s'enfoncer encore plus dans les ennuis financiers et les exclut complètement du marché européen et international ?

« Les partenaires sociaux peuvent faire la différence, à condition que tous les interlocuteurs fassent preuve de compréhension mutuelle et de bon sens. »

Malgré tout, la FEB continue de tendre la main aux syndicats et au gouvernement pour négocier ensemble afin de trouver des solutions viables qui aideront tout le monde dans cette crise pénible. Les pays où une répartition équitable des difficultés entre les travailleurs, les employeurs et le gouvernement est réalisée par le biais de consultations tripartites résistent beaucoup mieux à la crise que les pays où ont constamment lieu des grèves ou des appels aux ‘vendredis de la colère’. Espérons que cet appel sera entendu par tous les interlocuteurs responsables.

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