Accord salarial : enfin de la clarté, mais la vigilance concernant la compétitivité reste de mise pour les prochains mois

Un an après l’apparition de la pandémie de coronavirus, la situation économique devient extrêmement préoccupante. L’année dernière, notre économie s’est contractée de plus de 6%, soit une perte de prospérité de 25 milliards EUR. Aucun secteur ne se porte mieux aujourd’hui qu’en 2019. Au contraire, pas moins de 94% des entreprises sont en moins bonne posture qu’avant la crise et près d’une sur trois est au bord de la faillite. Actuellement, cinq fois plus de travailleurs sont encore au chômage temporaire qu’au cours d’une année normale. Une crise sans précédent. Dans ces circonstances particulièrement difficiles, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) est satisfaite que la clarté ait été faite, mais la vigilance n’en demeure pas moins de mise pour les prochains mois quant à la compétitivité de nos entreprises.


Presse, COMMUNICATION & EVENTS
06 mai 2021

La décision du gouvernement concernant l’augmentation salariale en sus de l’indexation automatique est conforme aux propositions formulées par les employeurs lors de la concertation du Groupe des Dix.

  • En termes structurels (sur une base permanente), la compétitivité n’est pas compromise étant donné qu’un AR fixe la marge maximale disponible pour l’augmentation des coûts salariaux à 0,4% en sus de l’indexation (2,8%), conformément à la loi de 1996. Concrètement, ces 3,2% représentent une augmentation salariale maximale de 105 EUR/mois pour un salaire mensuel moyen de 3.300 EUR.

  • Pour les entreprises qui ont obtenu de bons résultats pendant la crise du coronavirus en 2020, il a été prévu la possibilité (et non l’obligation) d’octroyer une prime corona maximale nette de 500 EUR (+ cotisation à la sécurité sociale de 16,5%) avant la fin de 2021, selon les mêmes critères et conditions que l’ancien chèque consommation. Le champ d’application (où ce chèque pourra être utilisé) est toutefois élargi. Cela permettra de donner un coup de pouce à l’économie intérieure. Comme il s’agit d’une prime unique plafonnée, cela n’influence pas de manière permanente la compétitivité ni la marge salariale pour l’avenir. En l’absence d’un critère de démarcation clair pour les « entreprises ayant enregistré de bons résultats », la FEB craint toutefois que les entreprises qui ont connu une mauvaise année accorderont quand même cette prime sous la menace de grèves, avec toutes les conséquences que cela implique pour leurs chances de survie et leurs projets d’investissement à court terme, ce qui entraînera donc des pertes d’emplois. Ce faisant, le gouvernement prend un énorme risque qui aurait pu être facilement évité si on avait imposé, comme pour beaucoup d’autres mesures corona, une certaine augmentation du chiffre d’affaires, par exemple, comme condition.

C’est pourquoi la fédération patronale souligne qu’il s’agira de rester très vigilants quant à l’évolution de notre compétitivité. Tout d’abord, notre handicap historique en termes de coûts salariaux est toujours de plus de 10%, alors que chez nos principaux partenaires commerciaux, l’heure est clairement à la modération. De plus, la probabilité d’une hausse de l’inflation en Belgique est élevée. Cette inflation est susceptible d’entraîner un nouveau dérapage des coûts salariaux par le mécanisme de l’indexation automatique. Si ce scénario devait se réaliser, notre économie et notre emploi se trouveraient inévitablement dans la tourmente en 2022.

Par ailleurs, la FEB se félicite du fait que ses propositions concernant l’allongement des délais légaux pour l’harmonisation progressive entre ouvriers et employés en matière de pension complémentaire (en raison du coronavirus, il a été impossible de maintenir les échéances de 2023 et 2025) et concernant la possibilité de prester (sur base volontaire) des heures supplémentaires qui faciliteront le redémarrage des entreprises en ces temps difficiles aient été présentées comme des priorités par le gouvernement.

Le gouvernement attend en outre des partenaires sociaux qu’ils mènent un débat sur le salaire minimum interprofessionnel et les emplois de fin de carrière. La FEB n’éludera pas ce débat, à condition qu’il ne nuise pas au développement des entreprises et à l’emploi de celles-ci.

« Nous espérons que la décision prise aujourd’hui par le Kern permettra un déroulement serein des négociations salariales dans les secteurs et entreprises. Sachant que la crise fait toujours rage, la prudence reste de mise. De plus, toute grève ou action de ce type ne fera que provoquer davantage de restructurations et de chômage », avertissent Pieter Timmermans et Monica De Jonghe, qui représentent la FEB au sein du Groupe des Dix.

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