Salaires minimums – La FGTB doit choisir : faire campagne pour les élections sociales ou conclure des accords

La FGTB organise aujourd’hui une nouvelle journée d’action nationale, portant cette fois sur l’augmentation des salaires minimums. L’action est couverte par un préavis de grève, ce qui signifie que des perturbations sont probables dans nos secteurs et entreprises. Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique, ne comprend pas cette initiative : ‘Les démarches de la FGTB au sein du Groupe des Dix n’ont rien à voir avec la concertation sociale, elles servent un seul but : faire campagne pour les élections sociales de l’année prochaine’.


Presse, COMMUNICATION & EVENTS
12 novembre 2019

La FEB préconise l’exécution de l’AIP en ce qui concerne les salaires minimums, mais elle s’oppose à la mesure fondamentalement asociale et anti-emploi qui consiste à porter le salaire minimum à 14 EUR par heure. Et cela pour de nombreuses raisons.

Primo, des salaires minimums trop élevés constituent une entrave à l’emploi privé. Une augmentation trop importante des salaires minimums génère des pertes d’emploi. Ainsi, en Espagne, les salaires minimums ont augmenté de 22% en décembre 2018, ce qui a entraîné directement une perte de 204.000 emplois en janvier 2019.

Secundo, nos salaires minimums sont déjà relativement élevés par rapport à ceux des autres pays européens. Ainsi, le salaire minimum belge compte aujourd’hui parmi les plus élevés d’Europe. Seuls les Pays-Bas, l’Irlande et le Luxembourg ont un salaire minimum supérieur. Une augmentation à 2.300 EUR (ou 14 EUR/heure) catapulterait la Belgique au premier rang du classement et plus de 11% au-dessus du deuxième de la liste (le Luxembourg). Apparemment, certains syndicats veulent ajouter au handicap salarial toujours supérieur à 10% un autre handicap pour l’emploi des bas salaires, qui rendrait ces jobs trop onéreux.

Tertio, il est plutôt bizarre que la FGTB rattache ses revendications pour les élections de mai au thème du ‘pouvoir d’achat’, tout en refusant de signer la CCT qui relève les salaires minimums les plus bas de 1,1%. Les CCT n’ont force de loi que si toutes les parties concernées les signent et aussi longtemps que la FGTB refuse de le faire, la perte salariale s’élève à environ 18 EUR par mois. Cela peut faire une différence pour les travailleurs qui ont le salaire minimum le plus bas. De plus, l’addition augmente après plus d’une demi-année de non-signature, et ce avec les compliments de la FGTB.

Mais pourquoi balayer devant leur porte puisque certains leaders syndicaux déclarent que ‘ce sont les employeurs qui bloquent le dossier au Groupe des Dix’. Ce n’est pas la FEB qui a fait le lien avec la réforme du régime de licenciement, mais l’AIP de février et l’accord du 1er avril. Pour rafraîchir leur mémoire, nous leur renvoyons le lien vers l’AIP.

‘Nous voulons exécuter tous les accords de l’AIP. Nous demandons depuis des mois la signature de la CCT prévoyant l’augmentation de 1,1% du salaire minimum, afin que nous puissions donner la priorité à la deuxième phase de l’augmentation du salaire minimum et à la réforme du régime de licenciement. À la table des négociations du Groupe des Dix, des accords peuvent être conclus. Pas en rue ! La FGTB doit décider si elle veut faire campagne pour les élections sociales ou conclure des accords‘, déclare Pieter Timmermans.

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